Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Japon/ TENZO
  • Mercredi 8 Janvier à 15h00
  • Mercredi 8 Janvier à 20h15
  • Jeudi 9 Janvier à 16h30
  • Dimanche 12 Janvier à 18h30
  • Lundi 13 Janvier à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

TENZO

KATSUYA TOMITA – 1H, JAPON, 2019

AVEC CHIKEN KAWAGUCHI, SHINKO KONDO, RYUGYO KURASHIMA

Chiken et Ryûgyô sont deux bonzes de l’école bouddhiste Sôtô. Ils se sont connus pendant leur apprentissage spirituel. Chiken, qui vit avec sa femme et son fils à Yamanashi, s’investit dans la prévention du suicide et dispense les préceptes d’une alimentation végétale et zen. À Fukushima, Ryûgyô, seul, fait face aux ravages du tsunami. Son temple détruit, il travaille au déblaiement de la région et accompagne les victimes relogées en préfabriqués.

Katsuya Tomita est l’un des réalisateurs japonais les plus enthousiasmants révélés ces dix dernières années, dont le parcours atypique, celui d’un ouvrier manutentionnaire et chauffeur routier faisant du cinéma sur son temps libre, vaut toutes les réputations. Deux de ses films-fleuves sont déjà sortis en France : Saudade (2011), qui prenait la mesure de la mondialisation dans la petite ville de Kofu, puis Bangkok Nites (2016), chronique d’un haut lieu de la prostitution dans la capitale thaïlandaise tenu par la diaspora japonaise. À chaque fois, c’est une écriture composite, à la croisée du documentaire et de la fiction, qui subjugue par sa façon labyrinthique de rendre compte d’une réalité. En à peine plus d’une heure, Tenzo arpente les mêmes territoires mouvants, où le récit n’est pas fixé à l’avance, mais se construit dans l’aventure même du tournage. Peu à peu, c’est une charge contre le Japon et ses turpitudes, dont les ruines de Fukushima représentent le visage hideux et le point de non-retour, que recouvrent les portraits croisés des deux moines. De l’un à l’autre se dégage une conception du bouddhisme, non pas comme une forme de contemplation dégagée de tout, mais comme une façon de prendre une part active à la société et de contribuer à la changer. Tenzo se gonfle alors d’une mémoire historique et générationnelle qui le rend d’autant plus émouvant.
Mathieu Macheret, Le Monde