Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / David Lynch/ eraserhead
  • Mercredi 4 Octobre à 18h30
  • Jeudi 5 Octobre à 20h30
  • Mercredi 11 Octobre à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

eraserhead

1H30, ÉTATS-UNIS, 1978

AVEC JACK NANCE, CHARLOTTE STEWART, ALLEN JOSEPH

VERSION RESTAURÉE

Un homme est abandonné par son amie qui lui laisse la charge d’un enfant prématuré, fruit de leur union. Il s’enfonce dans un univers fantasmatique pour fuir cette cruelle réalité.

Premier film de Lynch, Eraserhead s’arme coup de maître au sens où c’est un film qui pose déjà tous les thèmes, toutes les obsessions, toutes les figures chères au cinéaste. La vision tordue de la cellule familiale annonce celles de Blue velvet ou de Twin Peaks ; la Dame du radiateur est une cousine du nain du Monde Noir ; les humeurs corporelles préfigurent celles de Dune ; le bébé répugnant dont on découvre le gros cœur battant va enfanter le motif central de Elephant man... Eraserhead contient tous les futurs films  de Lynch, si bien que le cinéaste n’est jamais arrivé à surpasser un tel radicalisme, une telle force et un tel mystère créatif. Eraserhead est le film qui synthétise toutes les aspirations artistiques du cinéaste, celui qui ressemble le mieux à son idée du rôle, du statut et de la nature d’une œuvre d’art. Un enfantement dans la douleur, cinq années de travail aboutissant à son film le plus radical : une plongée oppressante dans les sombres profondeurs de son inconscient.
Serge Kaganski, Les Inrocks